NIELSEN    

par   Jean-Claude BOUVERESSE

 

suivi de    à l'écoute de Mozart ...

par Philippe CUPER

 
 

 

 

                                    Nielsen

 

    NIELSEN, compositeur danois, est né le 9 juin 1865 (la même année que le Finlandais SIBELIUS) sur l'île de Nørre Lyndelse, en Fionie. Issu d'une famille modeste, il manifeste très tôt des dons pour la musique, apprend le violon et entre au Conservatoire Royal de Copenhague auquel il restera attaché toute sa vie (il y eut pour maître en composition Niels GADE, à qui nous devons une belle production dans le domaine de la musique de chambre); il y sera nommé Professeur en 1915, puis Directeur honoraire en 1930.

     À l'âge de 23 ans, il est violoniste à l'Opéra Royal de Copenhague; à 43 ans, il débute une carrière de chef d'orchestre qui le conduit dans toutes les capitales européennes.

    Son œuvre, considérable, comprend 6 Symphonies, des Concertos (pour violon, flûte, clarinette), une vingtaine d'œuvres de musique de chambre, de nombreuses pièces pour piano, des cantates et un opéra Saul et David.

      NIELSEN meurt le 2 octobre 1931 à Copenhague.

 

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   L'Andante lamentoso pour Quintette avec basse, Sur la tombe d'un jeune artiste (titre original: Ved en ung kunstners Baare), est une pièce de circonstance. Elle fut composée en 1910, à l'occasion des funérailles d’Oluf Hartmann, un jeune peintre, beau-frère d'un ami intime de NIELSEN, Viggo de Neergaard. La famille Neergaard possédait une belle propriété sur l'île de Lolland et NIELSEN qui cherchait à échapper au vacarme de Copenhague y venait souvent. Il trouvait refuge dans la maison du jardinier et y travaillait à loisir.

   L'œuvre est d'une intensité poignante, tout en demeurant sobre et concise. Elle fut donnée à nouveau en 1931, à l'occasion des funérailles de NIELSEN.

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    Le Quintette à cordes en sol Majeur pour 2 violons, 2 altos et violoncelle est une œuvre de jeunesse. Composée en 1888 (NIELSEN avait 23 ans), cette œuvre est encore sous l'influence de MENDELSSOHN (lui-même auteur de 2 Quintettes du même type) et de SVENDSEN (violoniste virtuose et compositeur danois, de 25 ans l'aîné de NIELSEN - SVENDSEN est lui aussi auteur d'un Quintette à 2 altos).

       La première eut lieu le 28 avril 1889; NIELSEN tenait la partie de second violon. L'œuvre ne sera publiée qu'en 1937, six ans après la mort de NIELSEN.

      Le Quintette est de facture traditionnelle avec 4 mouvements:

       -  L'Allegro pastorale est un 9/8 très chantant se concluant par une coda enlevée.

       - L'Adagio, qui témoigne d'une belle profondeur, avec ses fluctuations entre les      tonalités de sol mineur et de si bémol majeur, évoque parfois SCHUBERT.

       - L'Allegretto scherzando, avec ses puissants effets instrumentaux, est un mouvement brillant, doué d'une fougue propre à la jeunesse.

       - Bien que le compositeur y montre moins d'inventivité, le Finale: Allegro molto fait preuve aussi de vivacité, grâce à une tension harmonique croissante.

 

                                                      Jean-Claude BOUVERESSE

 

 

 

  

 

  

                  à l'écoute de Mozart ...

 

      Un soir d'automne 1921, Carl NlELSEN téléphone à son ami, le pianiste danois Christian Christiansen. Au cours de l'entretien, NlELSEN entend la musique de MOZART, son compositeur préféré. En réalité, c'est une répétition de la Symphonie Concertante pour hautbois, clarinette, cor et basson par les membres de l'orchestre de la Chapelle Royale de Copenhague. Immédiatement, NIELSEN se rend à cette répétition. Devenu bientôt un proche de ces musiciens, il leur promet la composition d'un quintette à vent.

       Plus tard, un concerto pour chaque instrumentiste sera même décidé. Tout d'abord, celui pour flûte, créé en 1926 salle Gaveau, à Paris avec Holgar Gilbert Jespersen et l'Orchestre de la Société du Conservatoire. Puis, en 1928, celui pour clarinette, donné en première audition au Danemark par Aage Oxenvad (et enregistré pour la première fois par le Français Louis Cahuzac en 1947). Ce sera malheureusement le dernier concerto de NIELSEN.

    Ayant lui-même appartenu à la fanfare d'Odense, NIELSEN affectionne particulièrement les instruments à vent; la clarinette a ses faveurs: elle peut être, selon lui, «à la fois chaleureuse et tout à fait hystérique ... douce comme un baume et grinçante comme un tramway roulant sur des rails mal graissés ... » (écoutez, par exemple, sur ce CD, certaines variations du troisième mouvement du Quintette à vent).

    NIELSEN attachait beaucoup d'importance au caractère spécifique des instruments, mais surtout à celui des instrumentistes. Cela s' entend dans le Quintette op.43: on dit que le clarinettiste Oxenvad, homme pourtant paisible, pouvait se montrer très colérique! Déjà en 1901, dans la 2ème Symphonie, intitulée Les Quatre Tempéraments, NIELSEN donne un titre assez révélateur aux différents mouvements: Allegro collerico, Allegro commodo e flemmatico, Andante malincolico, Allegro sanguineo.

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  Le Quintette à vent op.43 comporte trois mouvements:

     - L'Allegro ben moderato, de facture traditionnelle, c'est-à-dire de forme sonate.

    - Le deuxième mouvement est un charmant menuet, plein de tendresse, qui débute en duo avec une clarinette rêveuse et un basson goguenard.

    - Le troisième mouvement, précédé d'un Praeludium Adagio, est un thème suivi de onze variations, se concluant par un Andantino festivo. Le thème utilisé est celui d'un choral (extrait de Hymnes et chants sacrés, œuvre composée par NIELSEN en 1912-1916) intitulé Mon Jésus, puis-je vous aimer de tout mon cœur?.

    Le Quintette fut créé à Göteborg (Suède), lors d'un concert privé dans la famille d'un riche banquier suédois, Hermann Mannheimer. La première exécution publique eut lieu le 9 octobre 1922 à Copenhague avec les dédicataires. Un enregistrement sera réalisé en 1936 sur quatre disques 78 tours par les mêmes musiciens.

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   Les six Humoresques-Bagatelles op.11 sont à l'origine des pièces pour piano, mais il faut reconnaître que l'adaptation de Tor MANN pour flûte, 2 clarinettes et basson est pleine de réussite. D'une extrême brièveté, ces miniatures raffinées ont demandé une longue élaboration (près de 3 ans, de 1894 à 1897).

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    La Serenata in vano (c'est-à-dire la "Sérénade en vain") fut composée en quelques jours, en mai 1914; c'est une oeuvre délicieuse, trop rarement présente au concert; elle joua le rôle de complément du Septuor op.20 de Beethoven, lors d'une tournée au Danemark que firent les musiciens de la Chapelle Royale de Copenhague.

   La première eut lieu le 13 avril 1915 et le premier enregistrement apparut en 1937.

   L'argument est des plus simples; NIELSEN lui-même nous le donne: un groupe de musiciens (dont l'un est amoureux) joue sous le balcon d'une Belle, mais celle-ci ne daigne même pas montrer le bout de son nez. Ils jouent "en vain" et finalement décident de rentrer chez eux au son d'une petite marche!

 

                                                                           Philippe CUPER